BRUXELLES : UNE CAPITALE DOUCE ET ATTACHANTE, QUI SAIT ENCORE « BRUSSELLER »

REPORTAGE : BRUXELLES, UNE CAPITALE A TAILLE HUMAINE

Bruxelles, capitale européenne, sa Grand Place et son architecture renaissance, ses estaminets et ses petits quartiers où vibre encore l’âme bruxelloise… Comme aux Marolles ou à Saint-Gilles, avant que les bobos et autres hipsters ne fassent vertigineusement monter les prix de l’immobilier comme dans toutes les capitales d’Europe, avec le flot de restos branchés et autres bars bobos qui ne manquent pas de suivre…

Bref, Brussel la bruxelloise où il fait bon encore brusseller, est une ville attachante, à taille humaine, où les locaux sont plutôt accueillants et sympathiques, la vie pas trop chère encore -quoique-, en deux mots une petite capitale cosmopolite et tranquille, douce à vivre et où l’on se sent bien d’emblée, quasi comme chez soi.

Outre le Bruxelles de l’hyper-centre, envahi de touristes et de buveurs de bières, subsistent ces quartiers contigüs à la ville historique, plus authentiques, où l’âme bruxelloise côtoie d’autres cultures en toute harmonie et tolérance : le vrai Bruxelles, tel qu’on l’aime, nourri des aventures du petit reporter et peuplé de baraques à frites -les fameuses « fritures »-, les camions à « waffels » (gaufres) et autres escargots, vendus directement dans le froid bruxellois. De petites baraques qui essaiment dans la capitale, au gré des places bruxelloises et dans les quartiers, où s’attable debout sous la pluie le peuple de Bruxelles que les rudesses du climat local ne semblent pas déranger le moins du monde…

A propos de frites, il semble que cette icône de la gastronomie bruxelloise ait pris un sacré coup de « valorisation » économique, surtout lorsqu’elle se retrouve associée aux fameuses moules (de Zélande) sur les cartes des restos, puisque vous ne trouverez jamais vos moules-frites proposées à moins de 17 euros, la moyenne flirtant plutôt avec les 21/23 euros : un plat de riche dorénavant, que cet incontournable de la gastronomie bruxelloise, vendu au prix du foie-gras !

Toujours à propos de frites, un petit conseil bruxellois : ne les faire qu’avec des Bintje, cette variété de patates faite pour ça, et toujours les cuire en deux fois : d’abord à 160° dans une graisse de boeuf (ou de canard), puis après les avoir fait refroidir, dans un second bain d’huile de friture à 180°… ainsi seulement seront-elles bien cuites à coeur et croustillantes à l’extérieur…

Ceci dit, les tables bruxelloises sont plutôt chères -compter minimum 25-30 euros/personne  pour un plat + le vin et le café- et pour le dire sans fard, souvent peu imaginatives : partout les mêmes propositions, de la sempiternelle carbonade (flamande) au lapin à la bière ou aux pruneaux, en passant par le vol-au-vent, semble t’il une « spécialité » du cru (!), le waterzooi de volaille ou de poisson, les croquettes de crevette grise ou au fromage, le « hochepot » (un pot au feu à la bruxelloise), l’anguille au vert (excellente), les « choesels » (abats cuisinés au madère), sans oublier l’inévitable « stoemp » (un simple écrasé de patate et d’un légume vert : poireau, brocoli, céleri, choux de bruxelles…) de toute nature servi avec saucisse ou boudin, dont les Bruxellois semblent se régaler…

Bref, Bruxelles n’est pas vraiment la capitale gastronomique rêvée, même si au détour des brasseries et autres bonnes tables de la capitale belge, on mange plutôt bien -mais toujours cher. Le problème numéro un étant la trop courte variété de l’offre, qui devient vite lassante, associée à ce qui caractérise la cuisine belge, à savoir un usage immodéré de la patate, un goût prononcé pour les plats roboratifs et étouffe-chrétiens, ou encore le sucré-salé récurrent des sauces à la bière, même si elles sont souvent délicieuses…

En fait, pour manger bien et plus ou moins abordable, mieux vaut à quelques exceptions près fuir le centre-ville envahi de touristes et rejoindre les quartiers de la première périphérie, Sainte-Catherine en tête et ses nombreuses tables attractives, les Marolles autour de la place du Jeu de balle et son marché aux puces quotidien, Saint-Géry et ses lieux branchés, ou encore le quartier des Sablons qui à l’instar d’Ixelles constituent des îlots chicos dans le Bruxelles populaire, avec leurs tables bobos et autres bistrots à « bruncher »…

L’hébergement à Bruxelles est cher, surtout autour de l’illustre Grand Place, où une cohorte d’hôtels pratiquant le turn-over de touristes à outrance n’hésitent pas à fournir un « service » indigne de leurs soi-disant trois étoiles, le pire -mais alors vraiment le pire- du lot étant l’ignoble « Mozart » rue Marché aux fromages, qui est une pure arnaque, doublée d’un mauvais goût orientalisant dépassant l’entendement : au « Mozart », c’est la garantie d’un accueil exécrable, d’un petit déj déplorable et d’une propreté inexistante : salles de douche jamais récurées à fond, toiles d’araignées, draps douteux, bref un ménage fait à la va-vite par des employées payées au lance-pierre et surtout insufisamment nombreuses (3 pour 54 chambres !) pour des chambres d’un kitch inégalé, mal insonorisées et aux radiateurs défectueux… La bonheur quoi, pour cet hôtel classé « trois étoiles » tenu par un ténardier cupide, un parvenu douteusement enrichi et hystérique, qui vous fait payer ses chambres -même pour un long séjour- avant (!), sans même vous proposer de les visiter ! Une adresse à fuir vraiment, et un patron tendance mafieuse qui frise en permanence la condamnation pour escroquerie…

Au-delà de ces pratiques heureusement fort rares, l’accueil bruxellois est généralement chaleureux, simple et sans façon. D’excellentes tables étoilent la ville, de même que beaucoup de bistrots à bières -estaminets, dit-on ici- fort sympathiques, ainsi que bien sûr quelques hauts-lieux d’apéro ou d’after, très conviviaux et bien fréquentés, à découvrir au fil de vos déambulations dans la capitale belge…

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PETITE BALADE DANS LES QUARTIERS DE BRUXELLES :

Dans le centre historique :
– Le Poechenellekelder, tout près du Manneken Pis, un bar à bière très sympa, pas du tout contaminé par la touristicose, et qui a su rester dans son jus d’authenticité : aux murs, marionnettes et castellet du Toone, le guignol bruxellois, et jolie carte de bières d’abbayes, dans un cadre chaleureux et accueillant…
– Le Mokafé, dans les galeries royales, une petite brasserie chaleureuse et accueillante, aux tarifs doux. Jolie vue sur la galerie et petite restauration honnête…
– le Cirio, derrière la Bourse : une brasserie à l’ancienne, boiseries et cuivres, typiquement bruxelloise. Prix raisonnables et ambiance sympa…

– Dans le quartier des Halles Saint-Géry :
– Le Café Central, pour son décor années 70 resté dans son jus : un bar branché mais sympa, pour vos fins de soirées. Musiques et projections en fin de semaine, ambiance jeune pas kékés et relax.
– le Zébra, pour vos apéros : un bistrot jeune et convivial, belle ambiance musicale et prix raisonnables… On aime.
– Le Greenwich : une brasserie à l’ancienne, avec sa grande salle art déco. Service efficace, carte simple mais bonne, prix corrects. Atmosphère jeune et bruxelloise…

– Autour de Sainte-Catherine :
le Pré-salé : dans une ancienne boucherie aux carreaux de faïence, belle cuisine authentiquement bruxelloise, dont une délicieuse « anguille au vert » et une excellente carbonade… Bon vin du patron, ce qui est plutôt rare à Bruxelles, les vins demeurant un problème… Pas donné quand même, accueil courtois sans plus. Mais vaut le détour.
Le Domaine Lintillac : une jolie carte autour du canard mais pas que, pour une cuisine à dominante française. Excellent « hochepot », le pot-au-feu local et bonnes assiettes froides dont celle avec foie-gras… Prix corrects, accueil charmant.

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– Dans le quartier des Marolles :
Le Marseillais : un tout petit « estaminet » à la marseillaise, c’est à dire décomplexé et prosélythe du Ricard et autres jaunes du Sud. Accueil sympa, prix raisonnables pour ce petit bistrot avec vue sur le Marché aux puces de la place du Jeu de balle, clientèle jeune et agréable, convivialité… et un plus : un fumoir à l’étage, une belle initiative du patron -marseillais évidemment- un truc très rare sur Bruxelles… En sortant admirez sur la terrasse les tables dédiées aux « figures » marseillaises, d’Eric Cantona à Pytheas, en passant par Gaston Defferre ou Zinedine Zidane… Une suggestion : à quand une table « Julien Blaine », pour notre poète marseillais favori, qui fut aussi adjoint à la culture de Vigouroux ?
– le Restobières : un resto qui comme son nom l’indique axe toute sa cuisine autour de la bière. Excellentes recettes flamandes et bruxelloises revisitées, accueil charmant… Une adresse très courue du landerneau bruxellois, pour un bon rapport qualité-prix.

Et aussi :
– Allez flâner au Parvis St-Gilles et dans tout ce quartier resté populaire, où beaucoup de Français se sont installés… Quelques petits restos abordables et sympas. Ou encore aux Sablons, à deux doigts de la Place Royale où siègent les musées royaux, pour le plaisir d’un brunch bobo dans une atmosphère néo-bourge, et celui d’un lèche-vitrines dans ses rues à antiquaires…

M. A. Salins-Vacarès

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