TABLE : « ITALIE LA-BAS », UN NOUVEAU RESTO -EN DEVENIR ?- A AVIGNON

RESTAURANT : Italie Là-Bas, 23 Rue Bancasse 84000 Avignon / Résa : 04 86 81 62 27 / addition moyenne : 35 euros par personne (base deux pers., avec vin) / note : 5,5/10.

Un nouveau resto italien sur Avignon qui vient tout juste d’ouvrir en septembre dernier dans une petite rue  planquée  derrière la rue de la République, l’artère commerçante historique de la cité éolienne. Carte évidemment italienne, tendance gastro, ambitieuse un tantinet, mais pas toujours à la hauteur de la prose affichée.

374171_539052759456066_923794780_n[1]Néanmoins, il ya de très bonnes idées derrière cette cuisine a priori imaginative, qui pourrait très bien fonctionner, en corrigeant certains défauts -de jeunesse, espérons-le. A commencer par son positionnement : ni table chic vraiment -même si l’établissement joue un tantinet sur cette image, ni bistrot bobo sympa à l’italienne, car un peu froid et trop peu… italien, justement, du point de vue de l’ambiance. Un truc un peu hybride, donc, qui fournit certes une belle carte aux produits frais, mais dont l’atmosphère un peu trop feutrée casse la convivialité.

Question cuisine, la carte est courte -ce qui est bon signe- mais assez diversifiée pour ne pas être monomaniaque, puisque l’essentiel des plats tourne autour des pâtes, avec de jolies compositions et assez d’imagination. Pour notre part, nous avons pris les spaghetonni « C’è pepe », soit ces gros spaghettis servis avec noix de coquilles saint-jacques bardées de bacon, le tout arrosé de ce fromage italien râpé dont on a oublié le nom mais qui visiblement donne son nom à la recette. Problème : un, la ration était plutôt chiche, et deux, le tout était vraiment trop salé. Mais bon, peut-être un geste brusque du côté de la salière, faisons-en crédit à la cuisinière, professeure culinaire à Milan jusqu’alors…

Notre voisin avait pris lui les Gambas en papillote, à 20 euros : la papillote est en cellophane, sûr c’est joli, mais plutôt réfrigérant. Pour le reste, les bestioles étaient bien cuites, fraîches et bonnes… mais l’ensemble servi toujours un peu pingrement.

Le service, s’il est très courtois et gentil, est l’oeuvre d’un ex-journaliste sportif tout à fait aimable, mais un peu timide, ce qui est charmant, mais hélas ne pallie guère le manque de chaleur et de convivialité, telles que l’on s’attend à les goûter dans un resto italien… Mais bon, ceci peut toujours se corriger.

Le cadre, quant à lui, est un peu à l’image du service, et de la présentation : soigné -on sent qu’ils y ont mis les moyens, le (bon) goût et la passion-, professionnel, mais un peu froid. Il suffirait de peu -un peu plus d' »âme »- pour le réchauffer…

Pour résumer, une cuisine milieu de gamme qui gagnerait à se techniciser (question assaisonnements et présentation), en regard des prix qui eux, flirtent plutôt avec la gamme supérieure : pâtes à 16 euros et addition moyenne, pour 4, à 30 euros par personne, certes avec le vin, mais pour un seul plat avec café (+ un dessert pour un convive). Carte des vins raisonnable en revanche.

Si je puis me permettre,  voici ce à quoi cette table avignonnaise, dont on souhaiterait qu’elle perdure, devrait remédier :

– En premier, se situer, se positionner vraiment, et donc choisir entre deux registres : resto « chic » et branché, ou resto plus bobo ? cela tient à peu de choses, comme rectifier sa carte des prix : 2 ou 3 euros de moins sur chaque plat, par exemple, suffiraient à encourager les nouvelles bouches, pour un resto « jeune bobo urbain »… Ou sinon, carrément passer à la table cotée, chicos : mais cela demande un vrai travail de chef, une brigade, et forcément ce qui va avec…

– Améliorer la présentation : qu’elle soit plus conviviale, plus colorée… plus italienne, quoi, ainsi que l’ambiance : plus chaleureuse, plus typique… sans tomber dans la trattoria à la napolitaine pour autant, évidemment… Et bien sûr, soigner la « couleur » de l’assiette : franchement, des pâtes toutes blanches -même excellentes-, servies dans une assiette blanche tristoune, ça le fait pas.

– Eviter la petitesse rédhibitoire des portions : deux ou trois noix de saint-jacques en plus (avec le corail), par exemple,  ne nuiraient pas à l’attractivité, bien au contraire (et grèveraient peu le budget du cuisineur)…

En réalité, ce jeune restaurant sympathique et méritant  a tous les atouts pour faire son trou sur la place avignonnaise, et même pour devenir La référence de la cuisine italienne in Avignon… S’il corrige ses défauts de jeunesse, ce resto deviendra une table très fréquentable -et peut-être qui sait ? recommandée- de la cité papale… Mais il faut sérieusement y travailler.

M.A. Salins-Vacarès

restaurant visité le 20 décembre 2012

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