LES MARCHES DE ZANZIBAR / NUIT ET JOUR

REPORTAGE : Les marchés de Zanzibar.

A Zanzibar, l’archipel tanzanien de l’Océan indien, il n’y a pas que les plages paradisiaques de sable blanc, d’eau turquoise et de palmiers qui attirent tellement les touristes. Au cœur de Stone Town, dans le quartier ancien de la ville, s’animent au quotidien des marchés diurnes et nocturnes aux multiples couleurs.

Cette « île aux esclaves » qui a connu près de 2000 ans de servitude régale aujourd’hui ses habitants comme ses visiteurs d’une profonde diversité culturelle aux influences d’Afrique, d’Orient et d’Arabie. Cette culture dite swahili (qui vient du mot arabe « sahel » pour signifier côte ou frontière), est partagée par les peuples des côtes de l’Afrique de l’Est, de la Somalie au Mozambique et Madagascar, en passant par le Kenya et la Tanzanie. Le swahili possède son langage, sa cuisine, mais aussi sa propre détermination du temps. La journée se fractionne en deux périodes distinctes de l’aube au coucher du soleil et du coucher de soleil à l’aube. Le lever du soleil correspond à la première heure de la journée et le coucher du soleil, à la première heure du soir.

22h (heure internationale) – il est encore temps d’aller faire quelques courses sur le marché de la Creek Road ou bien de s’attabler pour déguster une soupe préparée par une des mamas qui nous attend, louche en main. De même, pour le jus sucre de canne, les commerçants qui la vendent, vous la font sur place avec leurs machines. Vous pouvez choisir d’en boire un verre ou de faire remplir votre propre bouteille pour l’emporter. Ce marché ne dort jamais. De jour comme de nuit, il regorge de toutes les épices, herbes et fruits produits sur l’île : vanille, poivre noir, cardamone, cannelle, noix de muscade, citronnelle, clou de girofle, des fruits du jacquier à la mangue, la papaye, la coco, aux bananes plantains…. Egalement du gingembre, des dattes, du manioc, tomates, poivrons et puis aussi, dans les halles, des étales de viande d’un côté et des étales de poisson de l’autre (poulpes, dorades, requins, crabes etc). A la tombée de la nuit, débarrassé du soleil de plomb qui baigne la cité, ce sont également les producteurs de lait et fabricants de yogourt qui prennent place à la vente.

De l’autre côté de la ville, un autre marché exhale ses odeurs alléchantes, le marché central de Forodhani Gardens. Pris entre les eaux turquoise de l’Océan indien d’un côté et la Maison des merveilles de l’autre, dont la scène extérieure peut d’ailleurs offrir en plus quelques folklores, s’anime quant à lui la deuxième moitié de la journée. Les commerçants se préparent avant la nuit, installant leurs tables et leurs barbecues en fin d’après-midi. En quelques minutes, la place se noircit de monde.

On sert ici le pweza (poulpe), les mishkaki (brochettes de viande grillées), des pizza de Zanzibar sucrées ou salées (petites pizzas retroussées et remplies de légumes, viandes, bananes-nutella), des chapati (sorte de pain plat à l’allure d’une crêpe), les mkate wa ufuta (naan épais), des frites, samosas … Le service est continu, les gestes sont précis, l’appel aux passants incessant à coup de jambo (salut). Il y a même des rabatteurs tout autour des tables du marché. Les prix varient selon le client, mieux vaut donc avoir une idée du tarif local au préalable. En boisson, on retrouve toujours aux quatre coins de la place le savoureux jus de sucre de canne. Et si l’on préfère, il y a toujours les jus frais de mangue ou d’ananas à disposition.

Nombreuses sont les familles de Stone Town qui viennent ainsi chaque soir se retrouver pour discuter et manger, assises sur des tapis, autour du marché ou au bord de l’eau. L’occasion également pour les touristes et locaux de faire connaissance. Les femmes, ainsi que les petites filles sont particulièrement apprêtées pour ce rendez-vous quotidien. Celles-ci sortent leurs plus belles robes, confectionnées sur mesure et se maquillent comme leurs ainées. Le khôl surligne les contours des yeux des bébés dès le plus jeune âge. De confession majoritairement musulmane, le voile, hidjab ou niqab, porté par la plupart des jeunes femmes, n’efface aucunement leur féminité allégrement mise en avant. Les jeunes hommes de leur côté improvisent des compétitions d’acrobaties, de plongeons ou bien encore des parties de ballon rond.

Audrey Chazelle

Photos copyright Audrey Chazelle 2012.

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